Les différences fonctionnelles entre les deux mains ont toujours été l'objet de normes sociales. On sait depuis longtemps que les voies nerveuses qui contrôlent les mouvements des membres sont croisées, de telle sorte que c'est l'hémisphère gauche qui commande la main droite.

Les droitiers ont donc leur hémisphère «dominant» pour la motricité dans l’hémisphère gauche. C’est l’inverse pour les gauchers. Cette inversion est causée par les voies motrices qui changent en descendant dans la moelle épinière.

Les anthropologues parviennent à évaluer les latéralisations manuelles dans les anciennes cultures en examinant par exemple les marques de la taille d’une hache de silex qui indiquent qu’elle a été fabriquée par un droitier ou par un gaucher. On examine aussi la proportion des personnages qui se servent de la main droite ou gauche dans les représentations artistiques à partir de l’antiquité.

Statistiquement, environ 9 adultes sur 10 sont droitiers. Cette proportion semble avoir été stable depuis des millénaires, et dans toutes les cultures où l’on a étudié.

10 à 17% d'enfants seront gauchers si un seul des parent l'est, 
46% quand les deux parents le sont.

Est-on gaucher de père en fils, de mère en fille

L’hérédité en matière de choix de la main scriptrice a été démontré lors d’une étude sur plus de 12 000 sujets. Il apparait que lorsque le père et la mère sont tous les deux gauchers, les enfants ont  46 % de chance d’être gauchers à leur tour, contre 4% lorsque les deux parents sont droitiers. (Extrait de l'étude L'enfant gaucher par Jenny Roudinesco)

Tout est-il déjà joué in utero ?

Certains évoquent la position foetale in utero comme argument prénatal de la latéralité. Cette position serait la même pour une grande majorité de bébé. Ainsi une oreille serait orientée vers l’intérieur et stimulée par les bruits internes de la mère, l’autre oreille, orientée vers l’extérieur, serait stimulée par les sons ambiants. Ce phénomène déterminerait le développement cérébral. Ceci expliquerait que dans une fratrie de jumeaux, l’un serait droitier et l’autre gaucher (4 fois sur 5, l’un des deux jumeau est gaucher).

L’influence des hormones ?

La Testostérone incite le cerveau à s’organiser de façon asymétrique, en favorisant le développement de l’hémisphère droit, celui dominant chez le gaucher. Ceci explique que l’on trouve davantage d’hommes gauchers que de femmes, la Testostérone étant la principale hormone mâle.

Notons que la distribution n'est pas identique pour les deux sexes : on trouve plus d'hommes gauchers extrêmes et plus de femmes moins nettement latéralisées. Les pressions sociales ne créent pas la dominance manuelle, mais elles peuvent contraindre les sujets moins clairement latéralisés dans le sens de la droiterie.